LE RÉSUMÉ D’UNE PUBLICATION OU D’UNE
COMMUNICATION EN MÉDECINE GÉNÉRALE : RÈGLES DE BONNES PRATIQUES
Dr Najoua BESBES-BOUZGAROU , Dr Mohamed Hechmi BESBES
Le médecin généraliste exerçant en Tunisie dans le secteur public, est souvent appelé au cours de sa
carrière professionnelle et pour des besoins promotionnels de passage de grade à avoir des publications
et/ou des communications orales ou affichées. Les auteurs rappellent dans cet article les bonnes
pratiques rédactionnelles du résumé ou abstract, le résumé est un temps fort de la rédaction scientifique
pour attirer le lecteur, il est le plus lu du travail scientifique, il comporte le titre, les auteurs et les mots
clés, il doit être informatif et structuré IMRAD, son but est de présenter au lecteur dans un espace réduit
le contenu de la publication ou de la communication.
Mots clés : communication, publication, résumé, titre, IMRAD.
INTRODUCTION :
Le médecin généraliste de la santé publique est appelé, pour sa promotion professionnelle de passage
de grade, à publier des articles et / ou présenter des communications orales ou affichées, ces travaux
scientifiques comptent au maximum 7 points sur 40 dans la grille d’évaluation du dossier scientifique et
professionnel du candidat au concours de recrutement des médecins principaux de la santé publique et au
maximum 11 points sur 70 dans la grille d’évaluation du dossier scientifique et professionnel du candidat au
concours de recrutement des médecins majors de la santé publique.
Pour l’acceptation de ces travaux scientifiques, il est tenu d’adresser des résumés au comité de lecture de
la revue ou de la manifestation scientifique ; ce résumé doit répondre à plusieurs critères.
Nous nous proposons dans cette publication d’éclairer nos confrères concernant les recommandations
d’usage pour la bonne présentation d’un résumé afin que le comité scientifique et le comité de lecture
puissent accepter le travail. Ce résumé peut ultérieurement servir au jury des différents concours pour
évaluer la qualité des travaux et leur intérêt pour la santé publique et la médecine générale.
Nous utilisons dans cet article le mot « communication » pour signifier travail ou article scientifique ou
publication dans une revue ou communication orale ou affichée.
Il ya deux types de résumés : les résumés indicatifs ou d’intention, ils sont à bannir et à refuser et les résumés
informatifs structurés IMRAD qui sont exploitables, incitent à la lecture et sont les plus diffusés.
Les résumés peuvent être adressés par mails, par fax, par voie postale ou par porteur, ces résumés doivent
respecter les recommandations du comité scientifique concernant la taille, les caractères et les interlignes.
Si le comité scientifique recommande le courrier électronique, ces résumés doivent être en pièces jointes ou
en attaches car leur envoi sur l’espace réservé pour l’écriture des mails nécessiterait des manipulations par
le secrétariat ce qui pourrait amputer ou déformer certaines parties du texte et avoir des suites défavorables
sur l’appréciation du comité de lecture.
LA TAILLE :
La taille du résumé varie entre 100 et 300 mots, titre, auteurs, coordonnées du premier auteur compris
soit environ une page en double ligne, caractère Times New Roman ou Courrier. Le groupe de Vancouver
recommande des résumés structurés de 250 mots
LE TITRE :
le titre doit être clair, concis, précis, court, attractif, informatif, voire provocateur pour retenir l’attention,
ce titre annonce le contenu de la communication le lieu et le nombre de cas étudiés sans dépasser quarante
caractères. C’est le palier que le lecteur franchit pour entrer dans l’article. Trop concis risque de ne pas refléter le contenu de l’article, trop précis il risque d’être trop long, court s’il a dix à quinze mots. Quand les
auteurs utilisent des mots clés de l’index médicus, le titre est accessible directement dans la revue des titres
ou indirectement, dans une banque bibliographique, par mots clés.
Les mots utilisés doivent être informatifs, les mots les plus importants doivent occuper une position forte
en début ou à la fin du titre : « le médecin généraliste en France et Ramadhan », les vocables vagues et les
mots creux (étude de, approche de, contribution à) doivent être larguées dans un sous titre. Souvent les
auteurs construisent une première rédaction du titre sans limitation de longueur puis élaguent. « Résultats
préliminaires d’une étude multicentrique rétrospective à propos des effets de l’aponévrotomie plantaire
gauche sur les pubalgies essentielles des joueurs de domino. 307 cas » serait mieux attractif ainsi « inefficacité
de l’aponévrotomie plantaire gauche dans la pubalgie essentielle du joueur de domino » avec le sous titre :
résultats préliminaires d’une étude multicentrique rétrospective sur 307 cas »
LES AUTEURS :
Respecter les recommandations du groupe de Vancouver qui sont les suivantes :
Pour être auteur il faut avoir participé activement à toutes les étapes de la communication depuis la
conception jusqu’à l’acceptation. Ainsi, est auteur toute personne qui a contribué à l’enquête: protocole,
validation, saisie, analyse et interprétation des données ainsi qu’à la rédaction des versions successives de
la révision du texte et avoir approuvé la version finale.
Ne sont pas auteurs : les personnes enquêtées, les fournisseurs des données brutes (observations, et
dossiers des malades), les personnes qui ont procuré une aide technique ou supervisés le groupe de recherche
(techniciens des laboratoires d’analyse, secrétariat, traitement informatique et analyses statistiques), les
collecteurs des crédits et les bailleurs de fonds ; toutes ces personnes peuvent êtres remerciées dans un
encadré à part mais pas dans le résumé.
L’ordre des noms est important il témoigne de l’engagement de chacun dans la communication, pour les
jurys des concours de recrutement des médecins principaux et des médecins majors de la santé publique
les premiers, deuxièmes et troisièmes auteurs des communications orales ou affichées sont mieux côtés
que les quatrièmes et plus ; les premiers et deuxièmes auteurs des publications sont mieux côtés que les
troisièmes et quatrièmes qui sont mieux côtés que les cinquièmes et plus.
Il est de coutume d’avoir au maximum six auteurs, au delà du sixième la contribution pourrait être douteuse
pour ne pas dire perplexe et dubitative, mais il est à noter que l’US National Library of Medicine enregistre
maintenant jusqu’à 25 auteurs et plus (les 24 premiers et le dernier)
Le premier rang est souvent accordé à celui qui a effectué l’essentiel du travail, les auteurs suivants seront
cités selon l’ordre de leur engagement scientifique et intellectuel dans l’accomplissement de la communication.
Le dernier auteur c’est souvent le chef d’équipe, si sa notoriété le lui permet, sauf s’il est l’auteur principal
de la communication.
L’ordre des auteurs est souvent discuté au début du travail mais reste flexible en fonction de l’avancement
des différentes étapes de l’enquête, de la saisie et de l’analyse des résultats ; ainsi que le suivi de la
communication.
Tout auteur doit être capable de remplacer le premier auteur à une présentation orale ou affichée.
Il est de coutume de citer d’abord les prénoms ou initiales des prénoms suivis des noms, ces prénoms et
noms sont séparés par des virgules, alors que dans la bibliographie ou les références on cite d’abord les
noms puis les initiales des prénoms. La deuxième ligne est réservée aux coordonnées des différents auteurs,
adresse complète ou adresse électronique de la personne à laquelle doit être adressée la correspondance
relative à la communication. Aux noms des auteurs doivent être évidemment adjoint le nom du département
service ou institution d’où émane la communication.
BUT DU RESUME :
C’est d’abord pour postuler auprès d’un jury l’acceptation de la communication. Le but du résumé est
de présenter au lecteur, dans un espace réduit, l’importance du sujet, la substance des informations de la communication. Attiré par le titre le lecteur lira d’abord le résumé pour décider s’il doit poursuivre ou
abandonner. C’est la partie la plus diffusée et la plus lue. Le résumé a une valeur d’appel et d’information pour
retenir le lecteur mais aussi une valeur de documentaire d’archivage. Il est le fondement de l’analyse que les
documentalistes des grandes bases de données feront de la communication au moment de la référencier,
il est ainsi un produit d’exportation à traiter avec le soin requis et à annexer par un résumé soigneusement
traduit en anglais.
LE FOND DU RESUME :
Dans un résumé la méthode doit être valide, les tests et le schéma d’étude doivent être adaptés, la sélection
des sujets adéquate, les mesures des variables correctes, les groupes comparables ; le résumé doit
privilégier les résultats plutôt que la discussion, ces résultats doivent être intéressants et apporter une
réponse pertinente, le résumé doit concorder avec la présentation, le contenu doit être adapté aux lecteurs
et à l’auditoire.
LA FORME DU RESUME :
La construction du résumé reprend la structuration IMRAD ; I : introduction (pourquoi le travail a été fait ?),
M : matériel et méthode d’étude ou malades et méthodologie (comment le travail a-t-il été réalisé ?), R :
résultats (ce qui a été observé), A : analyse ou and, D : discussion (ce que je pense de mon travail). Le résumé
doit se terminer par une brève conclusion. La dernière ligne du résumé sera réservée aux mots clés, cinq
mots clés sont recommandés pour faciliter le catalogage des articles et leur recherche dans une base de
données. Il est recommandé de choisir des mots clés ne figurant pas dans le titre pour que la recherche soit
plus performante. Un soin particulier doit être accordé aux résumés ainsi qu’aux traductions anglaise et
arabe pour certaines revues et manifestations scientifiques.
STYLE :
Le style scientifique diffère du style littéraire, il est souhaitable de présenter des phrases courtes avec un
vocabulaire simple et clair, une phrase pour une idée. La première phrase du résumé doit reprendre l’idée
forte et directrice de l’introduction, elle ne doit pas répéter le titre, la dernière phrase du résumé doit
contenir la conclusion de l’étude.
Six à huit paragraphes sont identifiés : but de l’étude, protocole et méthode de l’étude, lieu de l’étude, méthode
de sélection, méthode d’intervention, méthode d’évaluation, critères de jugement principal, résultats et
conclusion.
Les temps utilisés sont le passé (imparfait ou passé composé) pour tous les évènements survenus dans
le passé, et le présent pour les notions bien établies. Il est d’usage d’utiliser le passé pour l’introduction, la
méthodologie, les variables manipulées, les analyses utilisées et les résultats. Le présent pour les hypothèses
et la conclusion.
Le résumé ne doit pas comporter d’abréviations ni de références. Toute abréviation quand elle est utilisée doit
être indiquée entre parenthèses à son premier emploi dans le texte du résumé après le mot ou l’expression
qu’elle abrège : grossesses compliquées d’hypertension artérielle (HTA) ou virus d’immunodéficience humaine
(VIH).
Les abréviations des unités de mesure et des symboles chimiques doivent êtres conformes à celles
internationalement reconnues, les mesures de longueur, hauteur, poids et volume sont exprimés dans le
système métrique (m, g, l) ou leurs multiples (km, cm, mm, m2, m3, kg, mg, µg, �g, ml). Les températures
sont exprimées en degrés Celsius, les pressions en mm de mercure (mmHg). Les mesures hématologiques
et biochimiques sont exprimées dans le système international (SI)
INSTRUCTIONS DU JURY :
Souvent le jury fournit un cadre ou un formulaire standardisé limitant le nombre de mots, d’espace ou de
signes, la taille et le type de la police, cet encadré est souvent surmonté de deux autres cadres réservés au
titre, sous titre et auteurs. La reproduction se fera souvent identique.
CONCLUSION :
Il ya beaucoup de bonnes raisons pour faire un bon résumé: retenir l’attention du lecteur, lui fournir les
informations essentielles concernant le travail et le pousser à découvrir l’intégralité de l’article ou de la
communication, structuré IMRAD, il permet à chaque lecteur de retrouver rangées les informations qui lui
seraient utiles là où il a l’habitude de les trouver, il permet aussi aux documentalistes des grandes bases de
données de référencier le travail et de l’archiver par mots clés. C’est une mini-version de la communication
qui doit être rédigé avec soin et attention particulière pour le marketing du travail et la promotion des
auteurs.
BIBLIOGRAPHIE
- Bakir A. conception, mise en forme et présentation d’un document scientifique, UV2 mastère spécialisé
d’informatique médicale Faculté de médecine « Ibn El Jazzar » de Sousse Tunisie, mars 2005
- Buttler A. comment rédiger un rapport ou une publication scientifique ? septembre 2002 , université de
Franche - Comté - laboratoire de chrono-écologie-CNRS/UMR 6565
- Da Silva GB. La communication scientifique, IXème cours du nord d’hygiène et de sécurité des soins,
Bizerte, Tunisie
- Maisonneuve H, La rédaction scientifique, Cahiers Santé 1991, 1 : 325-399
- Maisonneuve H, La rédaction scientifique, Cahiers Santé 1992, 2 : 55-58
- Maisonneuve H, La rédaction scientifique, Cahiers Santé 1992, 2 : 119-121, 180-183, 267-269 -Mtiraoui A. Comment rédiger un article scientifique médical ? Fonction et forme, UV2 mastère spécialisé
d’informatique médicale Faculté de médecine « Ibn El Jazzar » de Sousse Tunisie, mars 2005
- Pradeau F. Le résumé ou « abstract » règles de bonne pratique. Revue médicale de l’assurance maladie
volume 32 n°2/ avril juin 2001 pages113 à 116
- Thomine JM. Comment rédiger un article scientifique médical ?. conférences d’enseignement de la sofcot
1998 ; 66 249-256
- Uguier M, Maisonneuve H, Colle B. La rédaction médicale, Doin édition 1990 192 pages
Affichage des articles dont le libellé est tutoriaux recherche bibliographique. Afficher tous les articles
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samedi 2 mai 2015
vendredi 12 décembre 2014
jeudi 20 novembre 2014
TermSciences
Portail terminologique du CNRS, principalement à partir des laboratoires INIST, LORIA et ATILF (thesaulangue). Permet d'interroger de multiples ressources des glossaires les plus spécialisés (technologie des semences de l'INRA) aux plus généraux (index de Pascal). Ne donne pas les définitions, donne les traductions en Anglais, facultativement en Espagnol et en Allemand.
Domaines couverts:
- Médecine
- Odontologie
- Pharmacie
- Chimie
- Informatique
- Mathématiques
- Physique
- Sciences de l'Ingénieur
- Sciences de la Planète et de l'Univers
- Sciences du Vivant
- Sport
- Gestion, Economie, Droit
- Langues
- Sciences de l'Information
mercredi 19 novembre 2014
mardi 18 novembre 2014
samedi 8 novembre 2014
Retrouver thèses et mémoires sur votre sujet
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En interrogeant les catalogues suivants :
Le catalogue de la Bibliothèque inter-universitaire de santé recense les thèses d'exercice de médecine depuis 1985 ainsi que les thèses de doctorat de biologie et certains mémoires depuis 1988. Possibilité de commande en ligne. La BIU Santé possède la quasi-totalité des thèses de médecine soutenues en France depuis l’origine et certaines thèses de doctorat.
SUDOC : Thèses d'exercice et de doctorat produites en France depuis 1985. En recherche avancée, cocher "thèses" dans "types de documents".
- Pour se limiter aux thèses d'exercice : fenêtre de recherche, choisir le champ "note de thèse" et taper "exercice médecine"
- Pour une recherche par directeur de thèse : choisir le champ "auteur" et taper nom et prénom entre guillemets
Thèses.fr : Thèses de doctorat françaises depuis 2006, soutenues ou en préparation. Pour la plupart, accès au texte intégral
DUMAS (Dépôt Universitaire de Mémoire après soutenance) est une base de travaux d'étudiants de niveau bac+4 et bac+5 validé par un jury, dans toutes les disciplines. Vous y trouverez donc des mémoires et des thèses d'exercice de médecine en texte intégral
Mémoires de l'EHESP (École des Hautes Études en santé Publique)
Thèse IMG : Thèses de DES de médecine générale en texte intégral - site créé par l'association des jeunes chercheurs en médecine générale (FAYRGP)
DART-Europe : Portail européen des thèses électroniques
Papyrus : Dépôt institutionnel des thèses et mémoires électronqiues de l'Université de Montréal (depuis 2008)
Cyberthesis : thèses soutenues en Amérique du nord, Latine et Europe
jeudi 5 décembre 2013
Comment rédiger un article médical
Résumé:
Ce travail a pour but de rapporter brièvement les fondements des règles internationales qui s’appliquent à la rédaction des articles scientifiques médicaux. Il a donc trait à la forme et non au fond, mais il cherche à montrer à quel point l’une et l’autre sont liés pour promouvoir une information accessible et de qualité.
Mot-clé : rédaction médicale
Summary :
This text is designed to very briefly recall the basis purpose and nature of international rules applied to the writing of medical papers. It therefore concerns the form and not the content but tries to show to what extent both aspects are related in order to promote accessible good quality information.
Key-words : Medical writing
La préservation du meilleur niveau scientifique d’un travail passe, au-delà de la qualité de la recherche elle-même, par la qualité de la rédaction médicale. Cette rédaction obéit à des règles. La plupart des grandes revues médicales suivent ainsi pour l’essentiel les recommandations que le groupe de Vancouver a élaborées en 1978 puis remises à jour régulièrement ; la dernière révision a eu lieu en 1997. Suivre ces recommandations dont la portée est en apparence formelle n’est pas une capitulation de l’esprit mais un effort vers le plus véridique et le mieux transmissible.
Ce travail porte sur la rédaction médicale et il a trait à la forme et non au fond. Deux points donc ne seront pas traités. Il s’agit de la méthodologie en recherche clinique, c’est-à-dire les précautions qu’il faut observer dans la collecte et l’interprétation des données pour assurer une conclusion valide. Le second point esquivé est celui des statistiques dont on dira seulement qu’il faudra que l’instrument choisi doit être exactement adapté à la taille du groupe étudié et en liaison avec la fréquence attendue de l’événement-test.
Les règles de la rédaction médicale
L’article médical scientifique est un compte-rendu de recherche clinique ou fondamentale dont l’objectif est d’apporter une information nouvelle et sa démonstration.
1. Pourquoi publier : «publier ou être oublié!»
La publication peut avoir de multiples mobiles. Mais fondamentalement, la justification en est de communiquer aux autres un fait nouveau d’observation ou une idée utile validée. Le compte-rendu de recherche n’est pas une activité pédagogique, il vise à transmettre une information et non à éduquer le lecteur. Qu’elle ait été menée à la cave parmi les archives ou au laboratoire, la recherche scientifique a un objectif : la résolution d’un problème, la réponse à une question ou le bilan d’une action.
2. Pourquoi une forme et des règles ?
Le fond et la forme d’un article scientifique sont indéfectiblement liés. La forme, en effet, doit être suffisamment bien organisée pour que le fond soit facilement appréhendé et sans difficultés. Le but est de mettre à la disposition du lecteur pour sa propre évaluation les résultats sur lesquels l’auteur s’est fondé pour conclure.
Cette présentation pour l’auteur est une contrainte évidente à la rigueur dans la recherche comme à la rigueur dans l’évaluation et dans l’interprétation des données.
Enfin, une forme et une structure « internationales » permettent à chaque lecteur potentiel de retrouver rangés là où il a l’habitude de les trouver les informations qui l’intéressent.
3. Pourquoi un style et un vocabulaire ?
Un rapport de recherche n’est pas un exercice littéraire, il ne vise pas l’élégance mais la clarté et la précision. Le meilleur style est l’absence de style, tout est donc fait pour favoriser la communication et la qualité de l’information.
Les temps des verbes doivent être utilisés à bon escient : les temps du passé pour les faits passés, les temps du présent pour les faits acquis et les généralisations. Les temps du futur ne sont jamais employés sauf, éventuellement, à la fin de la partie discussion.
4. Le choix des mots et la construction des phrases:
Il faut éviter les mots inutiles ou incorrects et le jargon de la routine locale, il faut éviter les adverbes quantitatifs quand on peut les remplacer par des données chiffrées. En science, il faut toujours utiliser le même mot pour dire la même chose.
La place des mots est essentielle pour faciliter la compréhension. Le plus important doit être au début de la phrase : L’idée principale de chaque phrase doit être contenue dans les premiers mots de la phrase, l’idée principale du paragraphe doit être exprimée dans la première phrase du paragraphe.
Il s’agit de la position forte. Enfin, une phrase courte se lit mieux qu’une phrase longue ; la règle doit être : une idée, une phrase. Mieux vaut trois phrases courtes pour trois idées que trois idées dans une phrase longue.
5. Pourquoi une structure ?
La structure d’un article a un fondement logique qui est le suivant : puisque l’auteur est allé à la recherche d’une information, il doit dire ce qu’il recherche, c’est-à-dire définir l’objectif de son travail (l’inconnu). Puisque l’information est nouvelle, il doit rapporter celles qui existent déjà dans le domaine (le connu) et qu’il se propose de compléter ou, plus modestement, de confirmer ou d’infirmer. Ce sont là les deux éléments indispensables d‘une introduction.
La démonstration de l’information part de l’observation d’un matériel d’étude clinique ou expérimental avec des méthodes d’évaluation (cliniques, instrumentales, statistiques...) pour aboutir à des résultats. Au terme de cette démarche reste à savoir si la recherche entreprise a bien apporté une réponse, si cette réponse est ce qui était attendu, si les méthodes utilisées peuvent prêter le flanc à la critique et, enfin, en quoi les informations apportées diffèrent de ou corroborent celles qu’avaient déjà données les auteurs préoccupés par le même sujet. Cet exercice hybride qui tient de l’autocritique et de l’auto-satisfaction constitue la discussion.
L’identification claire de ces cinq démarches est à la base de la structure dite IMRAD (acronyme presque traduisible en français) :
I comme introduction.
M comme matériel et méthode d’étude
R comme résultats.
A comme and
D comme discussion.
Cette organisation est destinée à la rédaction des comptesrendus de recherche mais n’est naturellement pas applicable telle quelle aux autres types d’articles scientifiques : note de technique, cas clinique et mise au point.
L’article et ses composantes :
La structure d’un article scientifique est un meuble de rangement universel qui permet au lecteur quel qu’il soit de retrouver au même endroit un certain nombre d’informations que l’auteur de son coté est obligé d’y placer.
L’article comporte donc quatre pièces principales articulées entre elles telles qu’elles étaient décrites et 5 appendices qui sont le titre, les auteurs, le résumé, les illustrations et les références.
Le titre :
Il doit donc être court et informatif, c'est-à-dire correspondre au plus près au contenu de l’article, les mots les plus importants doivent occuper la position forte en début de titre. Les vocables vagues « étude de, contribution, approche de » doivent être éliminés.
Le résumé :
Attiré par le titre, le lecteur lira d’abord le résumé pour savoir s’il doit se plonger dans l’article. Le résumé doit donc être informatif et instructif, il reproduit l’organisation générale de l’article : objectif du travail, description et sélection des sujets étudiés, méthode d’observation et d’analyse, principaux résultats et, si possible, la validation statistique des données spécifiques, principales conclusions comparant les résultats obtenus aux prévisions de l’hypothèse de travail.
Le résumé représente le fondement de l’analyse que les documentalistes des grandes bases de données feront de l’article au moment de le référencer. Il est donc un message publicitaire à l’international, c’est un produit d’exportation à traiter avec les soins requis. Son rôle à cet égard est d’autant plus important que la plupart des revues scientifiques non anglophones annexent à leurs articles un résumé dont c’est là le rôle principal. Le groupe de Vancouver recommande un résumé structuré de moins de 250 mots.
L’introduction :
Elle doit combler l’écart d’information qui peut exister entre l’auteur et le lecteur (pont entre auteur et lecteur), mais le niveau quantitatif et qualitatif de cette information préliminaire du lecteur doit être choisi avec beaucoup d’attention. Le lecteur doit être informé du problème et de ce qui est déjà connu à son sujet, mais il ne doit pas être noyé dans un panorama extensif ou dans une remontée historique abusive et encore moins dans une question de cours préliminaire. C’est dans ce chapitre qu’apparaissent les premières références bibliographiques.
L’auteur donne alors les objectifs de sa recherche en précisant ce qu’elle a de nouveau par rapport aux précédentes publications qu’il vient de citer : par exemple son matériel clinique peut être plus abondant. Au terme de ce chapitre, la raison de ce travail doit apparaître clairement. L’auteur décrit enfin brièvement l’organisation du travail de recherche qu’il a mené à la recherche de cet objectif.
Matériel et méthodes :
Ce chapitre copie le compte-rendu d’une expérience scientifique, c'est-à-dire qu’il doit donner au lecteur assez d’informations sur le matériel étudié et les méthodes d’étude pour lui permettre de faire lui-même la même expérience pour vérifier les résultats qui lui sont donnés.
Le matériel :
Il s’agit de présenter au lecteur ce qui a été étudié et de façon la plus limpide. S’agissant de matériel expérimental, le choix est facile à décrire. S’agissant de série clinique, les critères d’inclusion dans l’étude son essentiels à sa crédibilité, il s’agit en particulier de savoir si les cas qui ont pu être étudiés sont vraiment représentatifs de la population toujours plus large dont le hasard des révisions a permis de les extraire. Ce point d’ailleurs pourra être repris à la discussion pour dépister les biais éventuels de sélection ou les insuffisances de validité statistique qui peuvent en découler.
Les méthodes :
Sous le terme de méthode, il s’agit de montrer au lecteur ce qui a été fait sur la population étudiée. Sont donc rassemblées là les méthodes thérapeutiques et les méthodes d’évaluation : un traitement chirurgical est décrit dans ces étapes techniques telles qu’elles se sont réellement déroulées au cours de l’étude. Les méthodes d’évaluation regroupent toutes les techniques d’étude qui vont aboutir à l’élaboration des résultats ; y sont inclus donc les scores et mesures cliniques, les mesures physiques ; les critères d’interprétation d’imagerie. Bien entendu y figurent aussi les méthodes de classement des résultats par niveau, s’il y a lieu, et les méthodes de validation statistique.
Au terme de la lecture de ce chapitre, le lecteur doit pouvoir faire lui-même la critique de la sélection qui a été étudiée et de la façon dont elle a été étudiée ; il est donc bien en théorie placé par l’auteur dans les conditions de faire lui-même un travail de recherche identique.
Les résultats:
Le chapitre résultats décrit finalement ce qui a été observé, mais exclusivement ce qui a été observé et sans commentaire. Les résultats s’offrent à l’analyse du lecteur et non à l’interprétation de l’auteur.
La lisibilité de ce chapitre est primordiale, les résultats doivent être présentés dans un ordre logique. Concrètement, texte et illustration s’associent pour faciliter la lecture. Les tableaux jouent un rôle primordial. Pour réunir dans une vue synoptique des résultats chiffrés, schémas et graphiques sont préférables à des tableaux trop complexes, les figures illustrent ce qui ne peut être montré autrement.
La règle est de ne mettre au texte à la section des résultats que le matériel qui ne se prête pas à la présentation sous forme de tableau ou de figure. Le texte ne doit pas redire ce qui figure dans les tableaux, il sert à insister sur les constatations importantes ou à les résumer.
La discussion :
Elle est le centre d’un compte-rendu de recherche. Elle interprète les résultats : « Nos résultats montrent… ». Il faut éviter de faire apparaître des chiffres ou observations qui n’ont pas été rapportés dans le chapitre correspondant de l’article. La discussion évalue leur validité à la lumière des réserves possibles sur le matériel d’étude et les interprétations statistiques en particulier.
Elle les confronte avec les objectifs poursuivis tels qu’ils ont été annoncés dans l’introduction, mais en évitant les affirmations non appuyées sur les résultats rapportés.
Elle les compare aux observations faites par d’autres lors d’études antérieures portant sur le même sujet. La discussion peut soutenir ensuite de nouvelles hypothèses, mais elles doivent être présentées comme telles. Enfin, elle peut se terminer par les implications du travail soit en termes de recherches futures qui restent à mener soit en termes de recommandations concernant par exemple tel ou tel choix thérapeutique. De la sorte, la conclusion devient absolument facultative après une discussion bien conduite.
Les illustrations :
Tableaux, graphiques, schémas et images complètent et soutiennent le texte, mais chaque illustration doit être compréhensible en tant qu'unité d'information autonome sans recours à ce texte ; la clarté et la précision de la légende sont donc cruciales.
Les références :
La liste des références est là pour rendre à César ce qui est à César. Toutes les références utilisées doivent être rappelées dans le texte, et seulement ces références-là. Sont évidemment proscrites les sources vagues du type : « La majorité des auteurs pense que… » « Il y a un accord général sur... » « Il est connu que... ».
Conclusion :
Le fond et la forme d’un article scientifique restent indéfectiblement liés : rédiger une publication contribue à développer des compétences de recherche, parce que, indirectement, elle suscite l’excellence théorique et méthodologique, parce qu’elle favorise le travail collectif et la complémentarité des compétences, parce qu’elle oblige à lire, lire et encore lire les travaux des autres. De plus, la confrontation à l’écriture exige un effort de synthèse, de concision, de structure qui n’est pas sans influence sur la pensée.
Dans l’exercice de la rédaction médicale, le souci de la forme n'est essentiel que parce qu'elle est au service du fond ; mais celui-ci est la seule source de l'intérêt de l'article publié. Pour la bonne qualité d'un article, le préalable à une rédaction de qualité est évidemment la qualité du travail de recherche qui l'a précédée.
Bibliographie :
1. Benichoux P., Guide de la communication médicale et scientifique. Montpellier, Sauramps édit., 1997.
2. Huguier M., Maisonneuve H et Coll. La rédaction médicale. Paris, Doin, 1992.
3. International comittee of medical journal editions. Uniform requirements of manuscripts submitted to biomedical journals. Ann Int Med, 1997 ; 126:36-47.
4. Thomine J.M., Conférences d’enseignement de la SOFCOT, 1998 ; 66:249-256.
5. Salami L.R. Lecture critique et rédaction médicale scientifique. Amsterdam, Elsevier, 1998.
vendredi 29 novembre 2013
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